À 110 ans, Lazare Ponticelli, est mort mercredi 12 mars, au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Ses obsèques nationales ont été célébrées ce 17 mars. Un hommage national a également été rendu à tous les poilus, avec une minute de silence dans les communes et des dépôts de gerbes aux Monuments aux morts.
La « der des ders » a mobilisé plus de 8,5 millions de soldats français entre 1914 et 1918. Et tué 1,4 million d’entre eux. Après la mort de son camarade Louis de Cazenave, le 20 janvier dernier, Lazare Ponticelli était le dernier représentant de ces combattants. À 110 ans, il s’éteint à son tour, ce mercredi 12 mars, chez sa fille, au Kremlin-Bicêtre.
Ses obsèques nationales ont été célébrées ce lundi 17 mars. Longtemps réticent à un hommage national, Lazare Ponticelli l’avait finalement accepté, à la condition qu’il englobe l’ensemble des combattants de ce qui reste l’une des guerres les plus meurtrières de l’Histoire. Ainsi, Alain Marleix, secrétaire d’État aux anciens combattants, a annoncé dès vendredi qu’une messe aux Invalides rendrait un « hommage national » à tous les poilus. Elle a eu lieu ce lundi.
En province, les préfets, les sous-préfets, les municipalités et les associations d’anciens combattants se sont mobilisés aujourd’hui. Une minute de silence a été observée dans la plupart des communes, et des gerbes ont été déposées au pied de nombreux Monuments aux morts. Pour que la disparition de Lazare Ponticelli ne marque pas celle du souvenir de cette guerre.
Combattant pour la France à 16 ans
Né en Italie en 1897, Lazare Ponticelli est arrivé en France pour la première fois en 1906. Huit ans plus tard, à tout juste 16 ans, il s’engage dans la Légion étrangère. Il combat dans un régiment essentiellement composé d’Italiens, pour défendre la France dans la guerre qui vient d’éclater. Son régiment dissous avec l’entrée en guerre de l’Italie en 1915, il en intègre un autre. Lazare Ponticelli sera blessé à la joue, mais retournera combattre en 1918. Officiellement démobilisé en 1920, il se consacre ensuite à son entreprise, en France.
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il a participé à quelques actions de résistance contre l’occupant. Il a obtenu sa naturalisation française en 1939, et faisait, depuis quelques années, le tour des établissements scolaires pour témoigner de son vécu. Le 11 novembre dernier, il avait commémoré le 11 novembre au côté de Nicolas Sarkozy. Ce dernier a exprimé, dans un communiqué, « la profonde émotion et l’infinie tristesse de l’ensemble de la Nation », après l’annonce de la disparition du « der des ders » de la Grande Guerre.
Cécilie Cordier